Vous êtes ici : Accueil > Ouverture à l’international > Etwinning > Collège Maximilien de Robespierre
Publié : 12 janvier
Format PDF Enregistrer au format PDF

Témoignage à St Etienne du Rouvray

Collège Maximilien de Robespierre

Stéphanie Cheriaa, professeure d’espagnol

Etwinning en cours d’espagnol.

1) Vos débuts sur etwinning répondent-ils à un besoin précis ou/et s’agit-il d’une envie de changement ? Si oui, lesquels ?
En tant que professeur de langue, j’essaie de motiver mes élèves en rendant leur apprentissage plus attractif. J’enseigne dans un collège REP +, mes élèves sont issus très majoritairement d’un milieu défavorisé et leur familles peuvent difficilement se permettre les frais d’un échange « réel ». J’ai donc dans un premier temps testé avec eux la correspondance scolaire avec plus ou moins de succès (certaines lettres restaient sans réponse, ce qui se révélait très frustrant…). J’ai découvert eTwinning lors d’une présentation pendant une conférence ERAEI. La plateforme eTwinning m’a semblé répondre à mes attentes et même ouvert de nouveaux horizons : mener un projet collaboratif dans lequel les élèves se servent de la langue pour communiquer avec leurs partenaires et travailler ensemble sur un même objectif. Et tout cela sans aucun frais !

2) Qu’est-ce que vos projets etwinning ont changé dans votre pratique de tous les jours ?
Le professeur n’est plus isolé dans sa classe mais on travaille en collaboration avec le partenaire sur les objectifs fixés et la mise en œuvre du projet. Les échanges sont riches, les idées viennent se compléter.
Etwinning m’a permis aussi de découvrir et de mettre en pratique de nouveaux outils numériques que l’on peut ensuite réutiliser dans des cours plus « classiques » (pour créer des affiches, une page de bande dessinée, une carte mentale, des images interactives…).
Mais c’est surtout une nouvelle façon de voir les choses, ce n’est plus chaque élève devant le professeur mais tout un groupe qui travaille en collaboration où chacun apporte ses compétences, où l’entraide est primordiale afin de mener à bien un projet commun.

3) Qu’est-ce qu’etwinning a changé chez les élèves ?
Les élèves se sentent plus impliqués et deviennent acteurs de leur apprentissage : je les sollicite sur le choix du thème qu’ils aimeraient que l’on développe, ils me font des suggestions ce qui favorise l’esprit d’initiative et l’autonomie.
Les élèves sont plus motivés : ils utilisent la langue pour communiquer pour « de vrai » ils sont soucieux de bien faire, y compris ceux qui ont plus de difficultés, car ils ne travaillent pas seulement pour eux mais également pour leurs partenaires. Ils doivent ainsi respecter le délai pour rendre les travaux demandés afin de ne pas pénaliser l’avancée du projet.
C’est une véritable ouverture sur les autres : ils découvrent le quotidien de leurs partenaires à travers les différentes activités proposées tout en développant leurs compétences numériques. Ils apprennent à transférer les compétences et connaissances acquises en classe à des situations concrètes et réelles.

4) Est-il possible, compliqué ou aisé pour vous d’introduire des séances etwinning dans votre progression de séances et de séquences. Pourquoi ?
Tout d’abord, il est important de préciser qu’un projet eTwinning peut se faire sur toute une année et suivre la progression que l’on s’est fixé ou bien sur un temps bien plus court le temps d’une séquence précise en fonction de la thématique choisie (jour de l’amitié, semaine des langues , fêtes de fin d’année, …) et peuvent concerner bien sûr les langues mais pas seulement. Ils existent de nombreux projets en sciences, en mathématiques, en histoire-géographie… qui utilisent la langue pour communiquer, ce qui favorise l’interdisciplinarité.
Les projets eTwinning s’inscrivent totalement dans le programme des langues vivantes puisqu’ils permettent la pratique de la langue aussi bien à l’oral qu’à l’écrit, l’acquisition de structures et du lexique correspondant aux niveaux A1-A2 et B1-B2 du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (salutations, présentations, expression du goût, des souhaits, échanges d’idées, questions…).
Nous travaillons en amont les points lexicaux et grammaticaux nécessaires à l’accomplissement de chaque activité afin que les élèves ne soient pas bloqués dans leur progression au moment de la réalisation de la tâche. Ainsi les séances eTwinning s’incluent tout naturellement au sein des séances plus « classiques ». Il est important également de fixer au préalable un calendrier avec les partenaires avec des échéances pour la réalisation de chaque tâche.
Enfin, les travaux des élèves effectués pour le projet sont évalués et les notes obtenues intégrées dans leur moyenne et toutes les compétences acquises contribuent à compléter les différentes composantes du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
La seule véritable contrainte est de pouvoir disposer régulièrement d’un accès à une salle informatique ou à des tablettes connectées à Internet afin de lire et commenter ce que les partenaires déposent sur le twinspace (espace privé collaboratif d’Etwinning) et pour mettre à notre tour nos productions.

5) Trois bons conseils pour débuter avec eTwinning.
Après s’être inscrit sur Etwinning, il faut trouver un partenaire avec lequel mener un projet. Le plus facile est de se rendre dans le forum etwinning pour y lire les propositions de projets ou pour déposer votre propre annonce.

Une fois le partenaire trouvé, il faut élaborer ensemble le projet : le déroulement de chaque activité, les modalités de travail entre les élèves, la ou les productions finales (blog, magazine numérique…). Il est important d’avoir des objectifs réalisables et de fixer un calendrier qui tiendra compte des contraintes de chacun : les vacances scolaires mais aussi le nombre d’heures que vous pourrez consacrer au projet.

On trouve sur la plateforme etwinning de nombreux exemples de projets qui ont fonctionné et toute leur mise en œuvre (sous forme de kits). De même, on y trouve une banque d’outils et de nombreuses aides proposées.

6) Trois écueils à éviter.
Il faut parfois du temps pour trouver un partenaire, le message que vous avez déposé peut très rapidement passer en fin de liste, il ne faut pas se décourager et ne pas hésiter à reformuler le message en proposant des idées de thèmes sur lequel on souhaiterait travailler (le développement durable, le conte, la cuisine…). Le projet se construit ensuite avec le partenaire qui apportera lui aussi ses idées.

Il faut être ouvert et ne pas se restreindre à chercher des partenaires dont la langue est votre langue cible. C’est notamment le cas pour l’anglais car les anglophones sont très souvent sollicités. Or, de nombreux projets en anglais sont proposés par des partenaires non anglophones (polonais, roumains, italiens, allemands, suédois …). Travailler avec ces partenaires se révèle très enrichissant. La langue de communication prend alors tout son sens.

Par ailleurs, il est préférable de privilégier un projet de classe plutôt qu’un échange individuel entre élèves type ‘penpals’, cela permet d’éviter tout d’abord qu’un élève se trouve sans réponse (ce qui arrive inévitablement) et surtout un projet collectif est bien plus riche et ne se limite pas aux simples échanges de goûts et préférences.

Enfin, en cas de difficultés techniques ou de retard dans le rendu des travaux, il faut en parler avec le(s)partenaire(s). Il n’y a rien de pire que de laisser les autres sans nouvelles. La réussite d’un projet passe avant tout dans la communication entre les partenaires.

Post-scriptum

Nous remercions notre collègue Stéphanie Cheriaa du Collège Maximilien de Robespierre de St Etienne du Rouvray pour son témoignage.